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Saint frère André et les Sœurs de la Providence

Les chroniques des maisons des Sœurs de la Providence sont riches en informations sur la vie et les événements de la Congrégation. Il arrive parfois qu’on y retrouve des anecdotes surprenantes. J’ai été étonnée d’y découvrir deux entrées qui lient les Sœurs de la Providence à saint frère André.

26 juillet 1928 : Visite imprévue du R. frère André

L’arrivée du frère André dans l’infirmerie des religieuses à l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal cause la surprise des Sœurs de la Providence.

« Grâce à une méprise voulue de Dieu, le Révérend Frère André est amené à notre infirmerie pour y voir et guérir, s’il se peut, une Sœur atteinte des poumons, parce que quelqu’un l’en a instamment prié. […] Selon sa coutume, le Frère André lui conseille de commencer une neuvaine en l’honneur de saint Joseph, de porter sa médaille et de se signer plusieurs fois les poumons avec de l’huile bénite. Il encourage, en passant, les autres sœurs malades, et retourne paisiblement à son couvent. »

On s’imagine sans doute l’exceptionnalité de la présence de cet homme tant sollicité. À cette époque, le frère André était connu à travers le Québec et même aux États-Unis pour sa grande dévotion à saint Joseph. Le frère confiait à saint Joseph tous les malades qui venaient lui demander des guérisons. [En 1928, la crypte de l’Oratoire Saint-Joseph est ouverte depuis onze ans et la construction de la basilique est entamée.]

6, 9 et 12 janvier 1937 : Décès et funérailles du frère André

Au cours des onze pages dédiées à ces événements dans la chronique de la Maison mère, on lit en détail sur la vie, le décès et les funérailles du « bon frère André », ainsi que sur toutes les autorités civiles et religieuses et les pèlerins présents. L’annaliste ajoute que les sœurs écoutent la diffusion des funérailles à la radio, tandis que sœurs Joseph de Bethléem (Louise-Catherine Wolfe) et Marie de Gethsémanie (Arméline Geoffroy), assistantes générales, représentent officiellement la Congrégation sur place. Sœur Jean Baptiste (Lucille Duchaine) assiste également aux funérailles. Elle consigne ses impressions et ses réflexions dans son carnet spirituel. Ses écrits sont publiés post-mortem en 1951 dans la revue « L’Oratoire ».

[Le frère André ne verra pas l’achèvement de la basilique. L’ouverture officielle a lieu en 1956.

Plusieurs documents d’archives du Généralat montrent que tout au long de l’histoire de l’Oratoire, les Sœurs de la Providence ont maintes fois visité ce lieu de pèlerinage et soutenu la mission du frère André.]

Dominique Robb, archiviste

Archives Providence, Montréal